3 Chatons et 1 Sauvetage !

Ce samedi 27 juillet a commencé sous la grisaille, avec quelques degrés de température en moins, le ciel des jours où l’on voit la pluie. Elle était annoncée depuis quelques jours et j’étais même prête à faire une magnifique danse de la pluie pour être sûre de la voir, de la sentir et qu’elle reste un bon moment afin de rafraîchir l’ambiance, les murs en pierre de nos maisons, les ruelles et le village tout entier. Mais ce jour-là nous étions loin d’imaginer qu’il n’y avait pas que la pluie qui allait tomber du ciel.

Vu le temps annoncé dès ce matin là, nous avions choisi de ne pas faire de balade ou nage comme nous faisons tous les matins avec Meallà et Lily nos deux chiennes, mais plutôt d’aller chez notre petit producteur local afin de faire un bon plein de fruits et légumes avant qu’il ne prenne ses congés. Nous avons reçu notre premier crachin sur le trajet, heureux de humer le sol et l’herbe mouillés et d’apprécier le petit 19° au lieu de l’habituel 27°. En rentrant mon époux Cyrille me dit qu’il allait profiter de la fraîcheur pour aller faire un tour de village avec les filles. Habituellement, ces derniers temps, c’est plutôt une brève promenade au pas de course dans la chaleur estivale qui est faite. Les voilà partis.

La porte de la maison s’ouvre et Cyrille me crie qu’il a trouvé trois petits chats.

Mais où ? Où sont-ils ? Les questions fusent, mais le voilà déjà reparti après avoir déposé les chiennes. Les chatons sont tous petits, ils ont les yeux tous collés, il faut les soigner, il part les chercher.

Ils étaient tous trois devant le cimetière du village quand il les a vu en remontant de leur promenade. Comme ça, tombés du ciel alors que la pluie elle, hésitait encore à se montrer, alors que les canons à grêle des agriculteurs eux, par peur tonnaient à la place du tonnerre, laissant penser que cette ondée n’arriverait jamais. Et c’est au pas de course que mon mari est descendu pour les sauver, les trouvant dans leurs explorations dans notre jardin partagé du village, près des tomates, les yeux bien craspouilles. Hop dans le sac et hop téléportation jusqu’à la maison, tel capitaine Kirk rentrant au vaisseau Enterprise avec son butin.

output_1564849128935.jpgPas plus de deux mois, deux mâles et une femelle, trois chatons tous mignons, tous bébés, un peu sales mais dans le besoin d’eau et de soins rapides. Un coup de fil par ci et par là pour m’informer si ils étaient connus des lieux de nourrissage proches…négatif…on me propose de les garder en tant que famille d’accueil en attendant de leur trouver des adoptants pour la vie, mais Cyrille me dit que si ils entrent chez nous c’est pour être en famille pour la vie. Ils allaient s’habituer à nous, à notre famille de deux chiens et déjà trois chats, que nous allions nous attacher à eux et que ce serait trop dur de les voir partir. Nous les gardons.  Non, ce n’était pas prévu, oui nous disions et nous nous félicitions du bel équilibre entre les quatre pattes canins et félins. Mais voilà, on ne pouvait pas les laisser seuls. Ce qui est amusant quand même, c’est que le matin au petit déjeuner alors que je consultais mon fil d’actualité sur Facebook, il y avait cette photo adorable de quatre chatons allongés sur le dos en train de dormir et quand je l’ai montrée à mon mari, il me dit « je les prendrais tous, ils sont trop mignons »…. et ben voilà…

La pluie a fini par tomber, un orage magnifique avec des coups de tonnerre et tout le spectacle des éclairs dans le ciel, l’eau dévalait dans notre ruelle comme un torrent, la fraîcheur a fait place à la lourdeur à l’extérieur et nous avons quand même tout ouvert pour essayer de  faire chuter les températures intérieures qui ont mis du temps à descendre. Nous nous regardions satisfaits de voir ces trois petits êtres en sécurité, au chaud d’un doux foyer, au calme de l’orage grondant, dévorant les petites gamelles de croquettes que nous leur avons remplies après avoir soigné leurs petits yeux collés par le pus, et les avoir lavé car ils étaient plein de puces.

output_1564849228814.jpgC’est un signe. Nous devions les trouver. La journée a débuté inhabituellement, et nous leur avons sauvé la vie. Ils ne sont pas sauvages, ont l’habitude des mains, ils ne nous soufflent pas, ne nous griffent pas. Bien au contraire, ils se laissent faire comme si ils savaient que les sauveteurs, c’est nous !

Mais l’humain est horrible parfois ! Pourquoi avoir abandonné cette portée dont nous ne savions pas encore à cette heure-là que ce n’était pas fini. Là, dans la chaleur de tous ces jours passés dehors sous une canicule terrible, nous les avons récupérés avec un début de coryza, des puces, des épines d’herbes sèches plantées sur leur petit corps de chatons. Le même soir vers 23h30, a été trouvé une petite quatrième sur la terrasse du fameux glacier le Quillé, une petitoune qui a été recueillie par notre voisine, une petite qui a eu la force de grimper jusqu’en haut du village sans se faire happer par une voiture, sans rencontrer un danger éventuel.

output_1564849533620.jpgVoici donc, Priam le gris foncé, Pénélope la tigrée et Philéas le gris tigré. Je les regarde en écrivant, évoluer autour de moi dans le patio. En une semaine ils ont pris de l’assurance, de la force, du poids, ils sont chez eux comme si ils connaissaient la maison depuis leur naissance, ils jouent ensemble, dorment ensemble, font peu de bêtises, sont très propres, mangent très bien, beaucoup au départ et un peu moins car ils se régulent au fur et à mesure, boivent raisonnablement contrairement à leur arrivée où ils ne faisaient que ça, ils trouvent même que la grande gamelle des chiens est fabuleuse pour boire à trois. Ceux sont des machines à ronron dès qu’on les touche, ils sont craquants au maximum. Philéas est un grand explorateur qui n’a peur de rien, lady Pénélope est un peu une douce chipie d’amour, et Priam a des yeux à faire tomber, c’est un charmeur. Tout de suite ils ont compris où faire leurs petits besoins. Meallà la golden a fait l’infirmière pendant les quelques jours où ils dormaient beaucoup, restant toujours près d’eux nuits et jours. Elle surveille leurs faits et gestes en prenant garde qu’ils ne cassent rien, en les avertissant d’un aboiement s’ils venaient à dépasser les bornes des limites autorisées. Lily, la border est plus dans l’observation de ces petits machins sautillants, mais dès qu’un d’eux grimpent sur le fauteuil du salon, elle n’hésite pas à doucement aller se mettre tout près, comme une mère. Deux grandes mamans pour eux trois !

output_1564849430551.jpgEt nous dans tout ça ? De l’amour, de l’amour, de l’émerveillement, de la fierté, du bonheur de les voir guérir vite, de les voir profiter d’un lieu sûr, de les savoir en sécurité alors que c’était imprévu. Nous les trouvons incroyablement malins, on dirait des chats adultes dans des petits corps, parfois. Philéas est devant moi qui vient de sauter sur la table et de s’allonger : ses paupières sont lourdes de fatigue alors que ses oreilles ont encore la force d’écouter l’avion qui passe dans le ciel. Qu’est-ce-qu’il est mignon ! Pendant ce temps son frère et sa sœur continuent leur partie de cache-cache, dans un moment les six petits yeux vont se fermer après une longue toilette. Comme à leur habitude ils vont se retrouver pour se lover les uns contre les autres et s’endormir profondément. Bien sûr que c’est une chance qu’ils grandissent ensemble car ils se rassurent, se copient et donc s’entraident dans leur éducation se souvenant certainement des premiers gestes de base que leur maman leur a appris.

output_1564849483350.jpgLes autres chats sont dans l’observation à longue distance. Choupette la plus âgée ne veut rien savoir, Efie fait du rapprochement et renifle les petits cucus pour savoir qui est qui et commence à montrer qu’elle était là avant eux. Patti le petit roux sauvé l’année dernière, le miauleur alto soprano du village, sort des notes de miaou altissimo, se rapproche un peu, mais vu qu’il est dans une période de vagabond de la nuit en période estivale, il sait qu’ils sont là mais s’en fiche un peu. Ils seront plus interessants plus tard, peut-être.

output_1564849579371.jpgUn sauvetage pour trois petites vies ! Chaque matin est différent et parfois le reste de la journée décide du futur déroulement de l’existence.

Merci la vie pour ce cadeau d’amour !

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